Marcilly-le-Châtel fait partie du Forez. Petit village situé en bordure de la plaine du Forez dans la Loire, sur un ancien site volcanique, il est réputé pour ses vignes qui font partie de l'AOC Côtes du Forez ainsi que pour sa volerie située au sommet d'un château médiéval du XIIe siècle détruit et reconstruit au XIXe siècle. La ville et son château apparaissent dans des passages de L'Astrée, roman-fleuve d'Honoré d'Urfé.

 

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Une ville gauloise aurait existé sur la butte de Marcilly bien avant la venue des Romains dans ces contrées; cette ville aurait plus tard retenu pendant trois jours César qui poursuivait, à la tête de son armée victorieuse, le chef gaulois Vercingétorix, forcé d’aller chercher en Auvergne des renforts pour pouvoir soutenir la lutte contre les Romains. Lorsqu’une nouvelle bataille eut décidé du sort de la province, des stations de troupes romaines furent établies de distance en distance pour empêcher tout nouveau soulèvement. Marcus Marcellus, un des lieutenants du grand capitaine, s’établit dans la ville gauloise qui, de son nom, prit celui de Marcilly, tandis qu’une localité voisine, où campait une partie de ses troupes, fut appelée Marcoux, de son prénom Marcus


Ainsi, la ville assiégée et prise par les Romains serait devenue ensuite le lieu de leur séjour et aurait bientôt reconquis son importance primitive. A leur tour, les Romains furent forcés de quitter nos pays : de nouveaux conquérants, les Francs, leur reprirent le pays qu’ils avaient acquis; et il faut admettre, pour l’authenticité des paroles de Lamure que nous allons rapporter, que ceux‑ci, à leur tour, firent de Marcilly une de leurs places qui fut très‑peuplée et très‑florissante pendant plusieurs siècles, jusqu’au temps où les Sarrasins vinrent, eut aussi, essayer de s’établir dans nos provinces. « Ce sont les Sarrasins, dit le vénérable auteur que nous venons de nommer, qui démolirent et ruinèrent de fond en comble, sans que depuis elle se soit pu remettre, une ville ou vaste citadelle qui entourait la colline agréable appelée en ce pays Marcilly, du nom de l’ancien Romain Marcellus, comme il s’est, en effet trouvé des mémoires dans les relations manuscrites du martyr de saint Porcaire, au monastère de Montverdun, que Marcilly avait le nom de ville lorsqu’elle fut forcée et occupée par les Sarrasins. »




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De cette ville importante et des trois murailles qui la défendaient, c’est en vain qu’on en chercherait aujourd’hui les traces; tout ce qu’on peut découvrir, ce sont des ruines provenant d’un vaste et ancien château féodal qui y fut construit et dont ou peut au moins parler avec connaissance de cause. L’époque précise de sa construction ne peut être, il est vrai, indiquée d’une manière certaine; mais il est présumable qu’elle eut lieu sous la première race des comtes de Forez et peu de temps après leur établissement. Un de leurs officiers fut, comme c’était l’usage, gratifié par un suzerain de cette localité; il y fixa sa demeure et en prit le nom. La puissance de cette famille s’était augmentée avec le temps, et Arnaud de Marcilly, en 1231, ne se contentant plus de dominer sur tous les environs du haut de son pic de basalte, obtint du comte Guy IV toutes les concessions et privilèges nécessaires pour se bâtir dans les montagnes, à Chalmazel, un autre château. Cette famille, connue sous le nom de Marcilly‑Chalmazel, portait de sable au lion d’argent, lampassé et couronné d’or semé de molettes d’éperon de même; s’étant éteinte en 1370 par la mort d’Antoine, son dernier descendant mâle, la maison de Talaru devint, par alliance, propriétaire de Chalmazel, tandis que la seigneurie de Marcilly rentrait dans le domaine des comtes de Forez.

 

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Cette seigneurie fut donnée en apanage en l’année 1400, par Louis, duc de Bourbon et comte de Forez, à son fils Jean, à l’occasion de son mariage avec Marie de Berry, fille aînée de Jean de France, duc de Berry. Jean ayant succédé à son père en 1410, comme duc de Bourbonnais, sa mère Anne reprit le gouvernement du comté de Forez qui lui appartenait en propre, et on la voit, en 1414, nommer pour son capitaine‑châtelain de Marcilly Bertrand de Bouthéon.

 

 

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Si l’histoire souvent racontée d’un chef romain Marcellus Marcus qui aurait donné son nom à Marcilly et à Marcoux n’est pas certaine, il faut bien reconnaître que plusieurs trouvailles (médailles - pièces - tuiles) antiques laissent à penser que les romains occupaient bien le site de Marcilly et auraient été précédés par d’autres occupants dès l’âge de fer (sépulture de Puy Granet).

- Le château :

 

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  Le château est connu dès 1010. Il appartient au comte du Forez et sert à surveiller son ennemi le sire de Couzan.

Pendant la guerre de Cent Ans, Marcilly est un point fort du Forez.

Richelieu fait démanteler le château. L’espace est concédé à la famille de Saint-Hilaire qui se fait bâtir une demeure au pied des ruines (ce qui est aujourd’hui l’auberge de la Césarde).

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Les ruines de la forteresse sont vendues par les Talaru aux Chassain en 1645. Elles ont échu à Hippolyte de Sauzéa-Monteilles qui entreprend une reconstruction contestée de 1873 à 1884. Celui-ci, souhaitant reconstruire le château avait sans doute surestimé ses ressources et n’a pu mener son projet à son terme. Légué aux Hospices civils de St Etienne, il est ensuite vendu à la famille Brun. En 1968, la S.C.I Ste Anne devient propriétaire du site (46 porteurs de parts) et contribue à sa sauvegarde avec l’Association ADAMAS

- L’église Saint-Cyr :

Une partie de l’église, de style roman doit dater du XII ème siècle. A la fin du XV ème ou au début du XVI ème siècle, l’édifice dut être fortement remanié. Au milieu du XIX ème siècle, l’architecte Dulac a refait l’abside et rajouté une travée à la nef et à ses collatéraux et donc déplacé le portail. C’est aussi de cette époque que date la majorité du mobilier.

Toutes les cloches (5) ont été fondues en 1860. Les cloches, muettes un temps ont retrouvé leurs voix en 2002 et sonnent les heures dans la journée ainsi que l’Angélus. La restauration de l’intérieur de l’église est prévue fin 2006 - 2007.

 

 

 

 

 

File:Église Saint-Cyr de Marcilly-le-Châtel.JPG