Le moment d'histoire

Ci-après le lien donnant accès à la
Vidéo composée sur les momies
De la crypte de Saint Bonnet

http://www.dailymotion.com/video/x3wgf5_le-caveau-des-momies-st-bonnet-le_travel#.UTY2QDeNA9s

Le pays de Saint-Bonnet a été habité dès l'époque néolithique. S'y sont succédé Celtes, les Romains et les Francs.Le site a été christianisé aux premiers siècles de notre ère. Jusqu'en 722, l'agglomération gallo-romaine s'appela Castrum Vari, date à laquelle s'arrêta dans la ville le cortège funèbre ramenant de Lyon à Clermont-Ferrand les reliques de saint Bonnet, ancien évêque auvergnat. La ville le prit alors comme « parrain » et devint Saint-Bonnet-le-Castel.On connaît, en 1145, un Guillaume de Saint-Bonnet, témoin avec le comte Guigues II de Forez, l'archevêque de Lyon Amédée, l'abbé d'Ainay Hugues Palatin, Guillaume de Lavieu et Guichard d'Oingt du don d'une terre où se trouvait le prieuré de Jourcey à l'abbaye de Fontevraud. La tombe des membres de la famille de Saint-Bonnet se trouvait au prieuré d'Aurec.

Vers 1200, la seigneurie de Saint-Bonnet-le-château était la plus importante du Forez.Territoire d'un seul tenant, elle avait quatre châteaux : Miribel (à Périgneux), Château-le-Bois (à Saint-Maurice-en-Gourgois), Leignecq (à Estivareilles), et Montarcher pour lequel un hommage avait été rendu au comte du Forez dès 1167. Le territoire était entouré, au nord par les mandements comtaux de Lavieu, Marols, Saint-Marcellin-en-Forez et Saint-Victor-Malescours, et au sud par les mandements seigneuriaux d'Usson-en-Forez, Chalencon, Rochebaron et Cornillon.

Robert de Saint-Bonnet, seigneur de la ville, octroie à la cité en 1223 une charte de privilèges qui attire de nombreux habitants. Les artisans fabriquent des cottes de maille, des couteaux, des limes et d'autres outils et, dès le XIVe siècle, des serrures, des clefs, des grilles à trous renflés, etc. Cette charte a été rédigée en langue d'oc. Une première chapelle existe à Saint-Bonnet mais elle relève de la paroisse de Saint-Nizier-de-Fornas en 1225. Un premier hôpital est construit en 1222.

Au Moyen Âge et à la Renaissance, la petite ville connaît un important essor industriel. Tanneurs, tisserands et surtout travailleurs du fer y sont légion.

Dauphine de Saint-Bonnet (née vers 1222), fille de Jocerand de Saint-Bonnet, héritière de son oncle Robert de Saint-Bonnet (mort en 1239), se maria quatre fois, la première fois avec Guy Damas de Cousan dont elle eut un fils, puis veuve en 1255, avec Guy de Bâgé1, dont elle eut une fille née après la mort de son mari, Sibylle de Bâgé, héritière de la Bresse, qu'elle dut confier à Philippe Ier de Savoie en 1267 qui la maria le 12 juillet 1272 avec son neveu Amédée V comte de Savoie. En 1259, Dauphine se remaria avec Jean de Châtillon. C'est ce dernier qui confirma pour Dauphine les franchises de Saint-Bonnet en 1270. Veuve une troisième fois, Dauphine se remaria en 1271 avec Pierre de la Roue qui reconfirma les franchises de Saint-Bonnet en 1272. Pierre de la Roue mourut avant 1285 sans héritier. Dauphine de Saint-Bonnet est décédée en 1287. C'est son fils du premier lit, Robert Damas qui hérita de Saint-Bonnet, Sibille de Bâgé, comtesse de Savoie, conserva le château de Miribel. Les frères Châtillon, les châteaux de Montarcher et de Leignecq.

En 1291, le comte Jean Ier de Forez racheta pour 8 000 livres viennois Saint-Bonnet en s'engageant à payer les dettes de Dauphine2.

En 1351, Saint-Bonnet devient une paroisse dont le premier curé est Matthieu Bolle et, en 1382, les habitants obtiennent le droit d'enterrer leurs morts à Saint-Bonnet au lieu de Saint-Nizier-de-Fornas.

La guerre de Cent Ans a entraîné la construction des murailles pour défendre la ville contre les Anglais débandés et les brigands à partir de 1357. Six portes permettaient d'entrer dans la ville. Il en reste les portes de la double enceinte du Midi avec l'oratoire et la statue de la Vierge qui est, depuis les épidémies de Peste Noire du XIVe siècle, la protectrice de la ville. L'enceinte va ceinturer la ville jusqu'en 1820.

Devenue seigneurie du comte de Forez, le comte Jean II exempta la ville de l'impôt du vingtain en 1365 car les habitants assurent l'entretien des remparts. Il mourut sans postérité en 1372. Sa nièce Anne (1358-1417), fille de Béraud II, dauphin d'Auvergne, mariée en 1371 à Louis de Bourbon, hérita du comté de Forez. Le comté de Forez entra ensuite dans la famille de Bourbon, jusqu'en 1523. Après le procès perdu par connétable de Bourbon sur l'héritage des ducs de Bourbon, le comté devient la propriété de Louise de Savoie, le comté entra dans le domaine royal à sa mort en 1531. François Ier confirma la charte de franchises en 1536.





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Saint-Bonnet-le-Château s’élève sur un plateau à 870 mètres d’altitude, à la porte du pays arverne. La ville se développe à l’époque médiévale puis prospère autour d’activités marchandes aux XVème et XVIème siècles.Les vestiges des fortifications et les belles demeures bourgeoises qui ont traversé les siècles confèrent à Saint-Bonnet-le-Château un grand intérêt historique et architectural.Saint-Bonnet-le-Château doit son nom à saint Bonnet, évêque de Clermont mort à Lyon en 710 au retour d’un voyage à Rome. La tradition veut que ses reliques furent transportées de Lyon à Clermont par la voie d’Aquitaine et que plusieurs paroisses prirent le nom du saint lors de leur passage.






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Sous la domination de Rome, la ville aurait porté le nom de Chastel-Vair (Castrum Vari) mais cette appellation qui tend à reconnaître à la ville une certaine importance dès l'antiquité n'est pas prouvée. Le nom chrétien qui lui fut donné trouve son origine dans la translation des reliques de Saint-Bonnet, évêque de Clermont, de la capitale des Gaules vers la capitale de l'Auvergne. L'histoire s'est transmise par la tradition orale, avant que le chanoine La Mure, historien du Forez, ne la couche sur le papier: "Saint-Bonnet, après avoir été grand chancelier de France, succéda à Saint-Avit, évêque de Clermont. Etant allé faire un voyage à Rome, comme il en revenait, il tomba malade à Lyon et y mourut le 15 janvier 719. L'évêque de cette ville voulut garder ses reliques malgré l'insistance du clergé de Clermont qui les réclamait. Ce ne fut que trois après, en 722, qu'il céda à cette demande. Le corps fut transporté processionnellement et comme, de Lyon en Auvergne, il y a plusieurs églises du nom de ce saint, la tradition est qu'elles désignent les stations où on arrêta ses reliques. La quatrième station fut Saint-Bonnet-le-Châtel."

 
Les différentes portes de la ville au Moyen Âge




Portes de l'enceinte11 :
  • Porte Baume ou de Montrond. Elle était l'entrée sud de la ville. Elle est mentionnée en 1361. Elle a été refaite au XVe siècle, mais on peut voir l'amorce de l'arc brisé de la porte du XIVe siècle ainsi qu'une archère murée. La tourette d'angle a été ajoutée à la fin du XVe siècle.
  • Porte Mandrin, placée devant la porte de la Châtelaine.
  • Porte de la Châtelaine On peut voir un oratoire dédiée à Notre-Dame-de-Bon-Secours au-dessus de l'entrée. La porte est citée en 1372. C'est cette Vierge qui aurait été appelée Châtelaine. La statue de la Vierge date du XVIIIe siècle.




L'oratoire de la porte de la Châtelaine (surnommée "porte de Mandrin")  est dédié à Notre-Dame de Bon Secours.sbcq

La ville ne comptait pas moins de 6 portes d'entrée

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Une ville médiévale fortifiée

C’est vraissemblablement au début du XIIème siècle qu’est construit le château fort qui met la ville à l’abri des attaques extérieures. Ce château a aujourd’hui disparu ; le couvent des Ursulines a été construit à son emplacement en 1620.

La Guerre de Cent Ans et les Jacqueries qui marqueront le XIVème siècle conduisent Saint-Bonnet-le-Château à renforcer sa protection.

A partir de 1357, la ville s’entoure de fortifications formées de courtines (murailles) jalonnées de tours circulaires et entourées d’un fossé large et profond. Six portes permettent d’entrer dans la ville, protégées par des ouvrages avancés ou des tours. La ville de Saint-Bonnet-le-Château restera en grande partie contenue dans son enceinte jusque vers 1820.

Un siècle et demi de prospérité marchande

Le XVème siècle est un siècle de prospérité marchande. Les familles opulentes se dotent d’importantes demeures dont un grand nombre subsiste de nos jours.

En 1400 commence la construction d’une nouvelle église, spectaculairement dressée sur un piton rocheux. La Collégiale - ainsi nommée parce que desservie par une communauté de prêtres sociétaires - connaîtra différents agrandissements au fil des siècles et sera classée au titre des Monuments historiques en 1922.

Des attaques répétées

Le déclin de Saint-Bonnet-le-Château commence en 1562 : le baron des Adrets, chef protestant, s’empare alors de la ville, saccage l’église et en brûle les archives, pille, incendie, massacre.

Le début du XVIIème siècle ne sera guère plus clément : la ville est livrée à des réquisitions et des pillages par les nombreuses troupes de passage et la peste y fait des ravages. Saint-Bonnet-le-Château ne se remettra jamais réellement de ces attaques successives.


 

 

 

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 Sur la vitre d'un bar qui porte son nom, Mandrin se rappelle à notre bon souvenir. Le roi des contrebandiers est passé à Saint-Bonnet durant sa cinquième « campagne » en 1754. Il n'y resta que quelques heures à rançonner les notables et les employés de la Ferme générale. Mais ce qui le rendit surtout populaire dans la région, dit la tradition, c'est qu'il prit soin de payer tous les cabaretiers chez lesquels ses hommes avaient consommé.
 

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La porte Baume, ou Montrond, marquait l'entrée sud de la cité. Elle était précédée d'un pont-levis. Elle fut reconstruite à la fin du XVe siècle. On distingue au dessus du plein cintre actuel l'arc brisé de la porte initiale ainsi qu'une archère murée. L'échauguette ou tourelle d'angle est venue se greffer dans la dernière partie du XVe. Accolés contre la porte Baume, les beaux restes (architrave, pilastre, tympan et voussures de la porte)  d'un édifice du XVI situé à l'origine rue A. Jonilhon. Détruit par un incendie, il fut déplacé en 1935.

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Le premier seigneur connu de Saint-Bonnet, vers les années 1130-1140, est Guillaume. La place forte est citée pour la première fois en 1239 mais date probablement de la fin du XIIe siècle. Il ne reste de celle-ci que quelques vestiges dans les jardins de l'hospice, aux abords du couvent des Ursulines. Quant à l'enceinte urbaine, elle fut établie bien plus tard, vers 1365, et contenait encore la ville en 1815, avant qu'elle ne commence à disparaître.
 
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Citée dès 1225, une première chapelle relevait de la paroisse de Saint-Nizier-de-Fornas. A Robert de Saint-Bonnet, la ville doit son premier hôpital (1222), ses premiers marchés et surtout une charte de franchises. Celle-ci est la seule du Forez a être écrite en langue vulgaire, de langue d'oc. Confirmée par ses héritiers, en 1270 et 1272, puis par François Ier en 1536, elle donnait "à tous les hommes et à toutes les femmes qui seraient ses sujets, qui prendraient ou auraient maison à Saint-Bonnet, bons usages et bonnes coutumes ". En clair, en contrepartie d'obligations diverses, principalement militaires, la charte promet aux habitants la sécurité et leur octroie des libertés et des recourts juridiques. Elle garantie ainsi la liberté au bout d'un an et d'un jour, à tout serf, à quelque seigneur qu'il appartienne, qui vient s'établir à Saint-Bonnet. Mais elle réclame un droit de trois sous pour le seigneur pour toute action en justice. On ne peut pas saisir les vêtements d'un homme sur la voie publique et si quelqu'un injurie un homme de Saint-Bonnet, le seigneur doit lui faire réparation. Les hommes de Saint-Bonnet doivent aider le seigneur en ses guerres etc.
 
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Armorial de Revel, Saint-Bonnet-le-Château. La muraille était protégée par un fossé empli d'eau de 10 mètres de large et 8 mètres de profondeur.

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En 1287, Josserand de Saint-Bonnet meurt et la part principale de la seigneurie revient à sa fille Dauphine qui la transmet à son fils Robert, né d'un premier mariage avec Guy Damas, seigneur de Couzan. Dauphine de Saint-Bonnet contracta plusieurs unions. Son second mariage, avec Guy de Bagé, seigneur de Bresse, est particulièrement intéressant car, si l'on en croit certaines généalogies, de cette union naquit à Saint-Bonnet une fille, Sybille. Celle-ci reçut de sa mère les terres de Miribel, non loin de Périgneux, et en 1272 épousa Amédée V, comte de Savoie. Du mariage entre Sybille et Amédée seraient issus tous les comtes, ducs de Savoie, rois de Sardaigne et rois d'Italie. Lesquels trouveraient donc leur origine dans les Monts du Forez avec Dauphine de Saint-Bonnet. Mais pour d'autres généalogistes, si Sybille était bien la fille de Guy de Bagé, sa mère avait pour nom Béatrix de Montferrat.
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L'Hôtel Dupuy, maison de la fin du XVe siècle, sur quatre niveaux. Elle doit son nom à François Dupuy, qui y est né en 1451. Prêtre, auteur de La Chaine d'or des Psaumes, il fut élu en 1503 Supérieur général de la Grande Chartreuse.
 
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Mais revenons à Saint-Bonnet. Robert ne garda pas la seigneurie. En 1291, il la vend huit mille livres viennois à Jean Ier, comte de Forez, qui reçoit l'hommage des vassaux du mandement de Saint-Bonnet. Ces terres devient ainsi une des quarante-et-une châtellenies qui forment le comté de Forez. A leur tête, le comte de Forez nomme un châtelain qui le représente, assisté d'officiers subalternes. En 1333, Guy VII de Forez succède à Jean, au moment où la guerre de Cent et les exactions qui l'accompagnent touchent tout le pays. L'enceinte, percée de six portes (dont la plus célèbre, celle de la "Châtelaine") est construite dans la seconde moitié du XIVe siècle dans le but de protéger les habitants des bandes anglaises qui écument la région.
 



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a ville, qui compte 2000 habitants  selon Etienne Fournial dans Les villes du Forez) est exempté du vingtain, une contribution financière pour les travaux de fortifications, mais doit en assurer elle-même l'entretien et la garde. Grâce à ses fortifications, en même temps qu'à sa situation géographique, la ville échappa aux pillages.

 
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Hôtel d'Epinac:
il doit son nom à l'archevêque de Lyon, un des chefs de la Ligue qui combattit l'avènement du roi Henri IV. 
 C'est à partir de la fin du XIIIe siècle et du début du XIVe siècle que la ville commence à se développer. L'église est agrandie, le bourg s'étend. Deux nouvelles rues, la Grand rue et la rue Dessous, sont raccordées au Grand Chemin de Forez, qui passe à Usson et dont le trafic contribue à la vitalité de la cité. A la fin du XIVe, le travail du fer (couteaux, grilles à trous renflés...) et du cuir, ainsi que la fabrication du textile s'y développent. Une oligarchie de riches marchands commence à se constituer et des corporations se créent.  Dans le domaine religieux, on a écrit que l'église primitive (nommée chapelle - capella) dépendait de Saint-Nizier et ce n'est qu' en 1351  que fut érigée une paroisse à Saint-Bonnet, avec un premier curé: Matthieu Bolle. A partir de 1382, les habitants peuvent enterrer leurs morts dans leur ville au lieu de le faire à Saint-Nizier. Une nouvelle église, sur l'emplacement de la précédente, est construite grâce aux dons des marchands, par exemple, celui de Guillaume Taillefer, drapier de son état. La première pierre est posée le 8 mai de l'an 1400, sous le ministère de Michel Dalmas. 18 ans plus tard, les travaux prennent fin mais des agrandissements interviendront régulièrement jusqu'au XVIIIe siècle. Dès la fin du XVe siècle, on dénombre pas moins de douze chapelles latérales, toutes fondées par des donateurs !
 
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Classée M.H. en 1946, cette maison date de la seconde Renaissance.
 

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Chapelle du couvent des Ursulines. Celle-ci comporte de nombreux chef-d'oeuvres, dont un maître-autel classé et une décoration remarquable.En revanche, les trois sculptures qui ornaient son fronton ont disparu à la Révolution.
 
Au XVIe siècle, la ville subit divers fléaux. La guerre avec le passage du Baron des Adrets en 1562, qui ravage l'église malgré la résistance des habitants, et la maladie, dont la peste, à plusieurs reprises. Suit la Contre-Réforme et l'installation en 1620 de dévotes dans l'enclos de l'ancien château. Deux ans plus tard, elles sont affiliées aux Ursulines et Françoise de Bermond, fondatrice de l'ordre en France s'y éteint en 1628. Les religieuses seront chassées à la Révolution, quand Saint-Bonnet deviendra Bonnet-la-Montagne, de même que les Capucins installés au faubourg de la Bernarde et que la confrérie de Pénitents blancs instaurée à la même époque. Ces groupes religieux s'ajoutent à la  communauté des prêtres qui s'apparente à un chapitre de chanoines. D'où le nom de "Collégiale" donnée à l'église. Dirigés par le curé de la paroisse, ils portent un habit particulier qui les distingue et possèdent un quartier, appelé "le cloître", situé dans l'îlot  à l'ouest de l'église, où se trouve le presbytère avec son jardin et son verger qui montent vers l'église. Il comprend le logement du curé, plusieurs logements pour les prêtres et une grande salle commune appelée "le Cénacle", utilisée pour les grands repas de la communauté ou des confréries. Ces prêtres sociétaires jouent un grand rôle. Ils forment en effet un foyer culturel important, possédent dans l'église une bibliothèque (qui s'y trouve encore) et fondent en 1379 une école qui acquiert vite une certaine renommée. Mais la célébrité régionale de ces religieux, du XVe au XVIIIe siècles, est due à la qualité de leur pratique de la musique, à l'étude de laquelle ils attachent une grande importance.
 
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Un des anges musiciens de la chapelle basse de la Collégiale 
 
A tel point, écrit Langlois dans son Histoire de Saint-Bonnet-le-Château, que pour faire partie de la communauté, "il faut être suffisamment instruit dans cet art". Elle fait partie de l'enseignement qu'ils prodiguent dans leur école, au même titre que la théologie, la philosophie, le latin, l'étude des Saintes Ecritures, l'histoire religieuse et profane, le droit... "Il y a une fort belle esglise, et la mieux servie du Forez, ors celle de Nostre-Dame de Montbrison, pour la cantité de bons musiciens  qu'il y a d'ordinaire en cestte ville..." écrit Anne d'Urfé en 1607.


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Le 8 mai 1400, pose de la première pierre de la chapelle basse de la nouvelle collégiale Saint-Bonnet sur le site de l'église du XIIIe siècle grâce à un don fait par un marchand drapier, Jean Taillefer, en 1399. Son exécuteur testamentaire Bonnet Greyset, marchand de fer, fit commencer la construction. L'essentiel de la construction était terminé en 1418.Le XVe siècle est un siècle de prospérité pour la ville. D'importantes maisons sont construites par les familles les plus riches et certaines sont encore visibles.En 1562, le baron des Adrets, chef protestant, s'empare de la ville. Il saccage l'église, en brûle les archives, pille, incendie et massacre.Au début du XVIIe siècle se sont installés des couvents des Ursulines et des Capucins. En 1620 les ursulines s'installent à l'emplacement du château fort qui avait été construit au XIIe siècle. Françoise de Bermond (décédée en 1628), introductrice de l'ordre des Ursulines en France, décide d'y finir ses jours en 1622. Le couvent des Ursulines est le seul qui subsiste à la suite de sa transformation en hospice en 1792. Le début du XVIIe siècle voit la ville livrée aux réquisitions, aux pillages par des troupes de passage et subissant des épidémies de peste. Puis la ville se remet de ces troubles en développant une industrie de serrurerie.En 1754, le célèbre contrebandier Mandrin passa à Saint-Bonnet en rançonnant les notables et les employés de la Ferme. Une porte ancienne rappelle son passage.La Révolution de 1789 toucha Saint-Bonnet comme partout en France. La ville s'appelle alors Bonnet-la-Montagne À la fin du Premier Empire, les Autrichiens occupèrent la ville. Au XIXe siècle, la ville, restée cinq siècles centre important de serrurerie, connaît un nouvel envol en se tournant vers l'armurerie. Les industries prospèrent grâce à l'arrivée du chemin de fer en 1873.

 

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La Collégiale

Avec sa nef à trois vaisseaux, ses six travées et son chœur terminé par une abside à pans coupés, la Collégiale de Saint-Bonnet-le-Château emprunte beaucoup à l’Abbaye de la Chaise-Dieu et présente une architecture locale en gothique forézien. Dans la nef centrale, les peintures entourant les clés de voûte jusqu’au chœur ont été particulièrement bien restaurées selon le décor d’origine.

La construction de l'église à débuté a la toute fin du XIVème siècle, mais la cérémonie officielle de pose de première pierre s'est déroulée le 8 mai 1400, comme en témoigne l'inscription en latin et lettres gothique de la chapelle basse.

La chaire* de bois, avec ses panneaux dorés et ses personnages sculptés représentant Jésus dans le Temple, les quatre Evangélistes, et le Bon Pasteur avec sa brebis, retient l’attention, de même que, dans le chœur, le maître autel en marbre* datant de 1815. Les vitraux d’origine ont malheureusement disparu pendant la Révolution. A la fin du XIXème siècle, autour de 1885, trois artistes lyonnais réalisent de nouveaux vitraux, le verrre provenant de Saint-Just sur Loire et de Saint-Galmier, deux villes de la plaine du Forez.
La confrérie de Saint-Eloi, qui regroupait les serruriers de la ville, a fait construire la deuxième chapelle au sud. Son retable* baroque date de 1672.

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Au fond de l’église, côté nord, une grande dalle porte l’inscription suivante : “ Ici repose Pierre Maisonneuve capitaine perpétuel de la Confrérie de saint-Eloi ”, enseveli ici en 1655.

C’est à lui que la tradition prête l’introduction de la serrurerie à Saint-Bonnet-le-Château. Jusqu'au XIXème siècle, ce sera l'activité principale de la ville, supplanté après l'arrivée du chemin de fer en 1873 par les activités d'armurerie. 
Pierre Maisonneuve gît dans l’un des vingt-deux caveaux installés sous les dalles pour abriter les restes des prêtres sociétaires et de bienfaiteurs de l’église. Située sous la Collégiale au sud, la Chapelle basse* (ou crypte) renferme l’un des plus beaux ensembles de peintures murales de la Loire.

On ne quittera pas la Collégiale sans admirer, au fond de la nef centrale de droite, une ancienne porte blindée cloutée dotée d’une serrure d’art Louis XV en orbevoie (superposition de deux feuilles de métal ajourées).

 

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Mur de droite de la chapelle : Adoration des Rois mages
Saint-Luc
La chorale céleste

 

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La Chapelle basse (ou crypte)

Les murs de la Chapelle basse de la Collégiale sont entièrement recouverts de peintures murales restaurées datant du premier quart du XVème siècle.

Elles constituent l’un des témoignages les mieux conservés de l’activité artistique sous les ducs de Bourbon et illustrent par de nombreux détails la vie quotidienne au XVème.
On admirera l’originalité et l’éclat du concert d’anges avec huit instruments.

Cette chapelle dédiée à la Vierge et à Saint-Michel regroupe douze scènes, toutes extraites du Nouveau Testament. Le côté sud représente la vie, son pendant nord la mort, dualité arbritrée par la scène majeure, les huit anges musiciens de la voûte, merveilleusement conservée. Huit anges musiciens qui semblent danser dans leur drappés mouvementés et deux coeurs d'anges chanteurs qui entonnent à l'est le Gloria et à l'ouest le Gaudeamus.

Le duc de Bourbon, le bon duc Louis II a sans doute commandité ces fresques. L'on retrouve ses armes ainsi que sa devise "Esperance" au centre de la fresque de la voûte et sur les ceintures encadrant chacun des anges musiciens. Les anges musiciens justement, très certainement un clin d'oeil de l'artiste aux prêtres sociétaires qui pour intégrer le Collège de l'époque se devaient absolument d'être musicien ou chanteur, telle était la particularité du Collège de prêtres de Saint-Bonnet le Château. Cette singularité conféra à la ville un rayonnement culturel très important. Le collège sera dissout pendant la Révolution Française.

 

 

 


 
 

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Dans la collégiale Saint-Bonnet, un caveau contient une trentaine de squelettes découverts en 1837. Ils conservent une chair parcheminée collée à la charpente osseuse avec, çà et là, un bout de toile fine laissant supposer qu'il pourrait s'agir de nobles. La science attribue cette conservation à la composition du sol qui contient certains éléments favorables, particulièrement de l'alun et de l'arsenic. Au moment de leur découverte la population, d'instinct, leur donna le nom de « momies ».

Les Momies

En 1837, l’ouverture fortuite d’un caveau sous une dalle de la Collégiale met au jour une trentaine de corps parfaitement conservés.

Improprement appelés momies, ils doivent leur excellente conservation non à une technique d’embaumement, mais à la présence d’alun et d’arsenic dans le sol. 

Tout un tas d'hypothèses ont été soulevé afin de révéler le mystère des "momies" : pestiférés emmurés pendant la terrible peste noire qui sévit au XIVème siècle, fosse commune, mais la légende urbaine favorite préférait l'histoire du sanguinaire baron des Adrets. La légende racontait donc que ces corps n'étaient autres que des victimes du terrible chef protestant, notables catholiques emmurés vivants pendant les guerres de religions par les troupes de François de Beaumont, arrivées en ville en 1562.

Ce n'est qu'en 1997 que la vérité fut rétablie grâce à des datations carbone 14, attestant que les corps datent du XVIIème siècle, écartant ainsi toutes les hypothèses précédentes ! Le mystère reste donc entier..


On peut y voir un géant, un bossu, des femmes et un enfant.

 

 

 

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