CHILLON en Suisse


LE CHATEAU DE CHILLON

   HISTOIRE. 

château de Chillon vue du lacÉdifié sur un rocher émergeant du lac Léman, le château de Chillon élève sa fière silhouette qui est devenue une image classique des bords du Léman.
Commencée avant le IX siècle. sa construction s' échelonne sur une très longue période et son aspect actuel date du XIII siècle. époque ou les Ducs de Savoie l' ont agrandi jusqu' au XVI siècle.
Conquis par les Bernois en 1536, il passa aux mains des patriotes vaudois en 1798 et devint propriété du canton de Vaud en 1803.
Depuis, il a subi de nombreuses restaurations habilement exécutées par l' Association du Château de Chillon.
Ce château est l' un des plus intéressants de l' époque féodale.
On peut y accéder par la route, mais aussi par les bateaux de la CGN lors d' une croisière sur le lac.
La visite du château très appréciée offre une histoire riche de faits, que les propriétaires successifs ont remanié selon leurs besoins cet imposant édifice.

 

 

Lithographie du château vu du nord, avec Villeneuve en arrière-plan et les Dents du Midi au fond.

Le château de Chillon se trouve sur les rives du lac Léman, à Veytaux (commune se trouvant entre Villeneuve et Montreux) en Suisse. De forme oblongue, le château mesure 110 mètres de long pour 50 mètres de large, le donjon culmine à 25 mètres. C'est une importante attraction touristique. Successivement occupé par la maison de Savoie puis par les Bernois dès 1536 jusqu'en 1798, il appartient désormais à l'État de Vaud et est classé comme monument historique.

   Le donjon est de style roman, central, carré, massif mais assez large pour être habitable. Le Comte souhaitait vraiment vivre à Chillon.
       Avec un peu d'attention, il est possible de voir dans la "maçonnerie" sous le crénelage actuel, les anciens créneaux du 11èmesiècle. La tour a été surélevée en 1304 pour améliorer la surveillance mais aussi à cause de l'augmentation de la puissance des armes de jet.

 

    Les courtines du coté de l'attaque (coté Est) sont impressionnantes et dissuasives, car elles comportent de nombreuses bouches à feu (voir vocabulaire) et des fentes de tir pour une défense de loin, et des mâchicoulis pour la défense de près. Le rempart est renforcé par 3 tours flanques semi-circulaire.    Brrr, il fallait être stupide pour tenter une approche de ce coté.   Comme pour le donjon, il est possible de deviner sur la maçonnerie des tours, la surélévation de 1436.

     La défense (coté Sud) est renforcée par l'impressionnante tour carrée de 1380 nommée : Tour de l'Horloge (parce qu'aujourd'hui elle a.......... une horloge bien sur). Au rez de chaussée la salle est le corps de garde (tout un programme). Cette tour est facilement visible depuis la berge.
 
   Les bâtiments cotés Nord semblent moins guerrier. La légèreté de la fenêtre gothique en arc brisé ne doit pas vous faire oublier l'échauguette de défense au dessus, les bouches à feu et surtout légèrement en retrait l'imposante tour carrée du Duc (c'est son nom).

Histoire

 


 

 

 

Vue depuis le donjon.

 



Les souterrains du château, dans lesquels le rocher est visible. Ils ont été utilisés comme prison puis comme lieu de stockage au fil des siècles.
Cour intérieure.

Le château de Chillon est construit sur un rocher ovale en calcaire avançant dans le lac Léman entre Montreux et Villeneuve avec d'un côté un versant escarpé et de l'autre côté le lac et son fond abrupt. L'endroit est stratégique : il ferme le passage entre la Riviera vaudoise (accès au nord vers l'Allemagne et la France) et la plaine du Rhône qui permet d'atteindre rapidement l'Italie. De plus, le lieu offre un excellent point de vue sur la côte savoyarde qui fait face. Une garnison pouvait ainsi contrôler militairement et commercialement la route vers l'Italie et appliquer un droit de péage.

Les premières constructions remonteraient aux alentours du Xe siècle même s'il est probable que cet endroit fût déjà un emplacement militaire privilégié avant cette date. Des objets remontant à l'époque romaine furent découverts durant des fouilles au XIXe siècle ainsi que des vestiges datant de l'âge du bronze. À partir d'une double palissade en bois, les Romains auraient fortifié l'emplacement avant qu'un donjon carré ne soit ajouté au Xe siècle. Des sources du XIIIe siècle rattachent la possession du site de Chillon à l'évêque de Sion. Une charte de 1150, où le comte Humbert III accorde aux cisterciens de Hautcrêt le libre passage à Chillon; atteste de la domination de la Maison de Savoie sur Chillon. On y apprend que le propriétaire du château est un certain Gaucher de Blonay. Mais, ce sire de Blonay est bien plus un vassal du comte qu'un de ses officiers. C'est une domination seigneuriale des Savoie dans le cadre d'une société féodale et pas une domination administrative.

La période des comtes de Savoie

La maison de Savoie transforme la forteresse, alors Castrum Quilonis, et l'agrandit durant le XIIIe siècle. L'ancienne crypte du XIe siècle dédié à Saint Tryphon est abandonnée au XIIIe siècle lors de la construction de la chapelle dans la partie supérieure du château. Les Savoyards veulent étendre leur suprématie sur le pays de Vaud et les zones limitrophes. Le premier châtelain savoyard est attesté pour Chillon en 1198. Le château n'est pas voué qu'à un but militaire, il sert également de résidence pour les comtes. Il est en effet une des étapes des voyages de la cour itinérante lors des voyages réguliers du comte sur son territoire. Lors de l'absence du comte, la partie nord-ouest du château où se situe les appartements du comte, est vide et fermée. Thomas Ier de Savoie y séjourne aux alentours de 1230. Lui et son fils, Pierre II de Savoie, « le Petit Charlemagne », vont réorganiser la région proche du château en construisant des bourgs, en dominant le Chablais vaudois et en créant la « Patria Vuaudi ». Un péage important est installé à « Ville Neuve de Chillon » (1214), l'actuelle ville de Villeneuve.

Pierre II se voit remettre les clés du château en 1253 et conforte sa présence sur les rives du lac jusqu'à Aubonne. À partir de ce moment, Pierre II de Savoie; avant même son accession au titre comtal et sur le modèle de l'Angleterre où il a voyagé entre 1252 et 1255; initie le découpage du comté en bailliages. On crée le bailliage du Chablais, dont Chillon est chef-lieu par intermittence à partir des années 1260 jusu'en 1330, date à laquelle Chillon devient définitivement chef-lieu du bailliage de Chablais avec à sa tête Aymon de Verdon. Si au début la châtellenie de Chillon et le bailliage de Chablais sont attribués à deux personnes différentes, les comtes vont progressivement confier ces deux fonctions à une seule et même personne. Pour être à la hauteur des ambitions de conquête de ses propriétaires, le château est renforcée par la construction d'une deuxième enceinte et on surélève trois tours construites en 1235. Pierre II confie les travaux à Jacques de Saint Georges, un architecte et maçon spécialisé dans les ouvrages militaires. Pierre II revient au château peu avant sa mort en 1268. Albert Naef, l'architecte qui a rénové le château à partir de la fin du XIXe siècle accorde une importance majeure aux imposantes modifications apportées à Chillon par Pierre II.

Le château compte 25 bâtiments et sert de prison dès le milieu du XIVe siècle, des souterrains permettent de stocker du matériel et du vin. Dans un souci d'esthétique, l'intérieur du château est embelli sous l'impulsion de Aymon de Savoie dit « le Pacifique » qui engage Jean de Grandson pour réaliser les peintures des chambres et des grandes salles.

L'année 1348 voit une des pages les plus pénibles de l'histoire de Chillon avec les ravages de la peste noire. Les Juifs sont arrêtés et torturés pour leur faire avouer qu'ils ont bien empoisonné l'eau des puits. Leurs confessions provoquent la fureur de la populace qui se livre à des massacres et à des expulsions. Trois cents communautés sont anéanties ou expulsées sans que le comte de Savoie intervienne.

Graffito de Lord Byron

Amédée VI de Savoie, surnommé « le Comte Vert » lance une expédition dans le pays de Vaud en 1359 et fait étape par Chillon. Mais les comtes suivants comme le « Comte Rouge » se désintéressent de la gestion de la région et la laisse au châtelain-bailli de Chillon. Le château est humide et le froid qui y règne le rend peu confortable. Cela n'empêche toutefois pas l'antipape Félix V d'y résider en 1442.

Dans la prison et les cachots humides du sous-sol croupissent les bandits et les hérétiques de la région. Chillon est le lieu de détention entre 1530 et 1536 de François Bonivard, sujet d'un poème de Lord Byron en 1816, Le Prisonnier de Chillon (The Prisoner of Chillon).

La période bernoise

La fresque aux couleurs de Berne encore visible.
La délivrance de Bonivard (1898), peinture de Franck-Edouard Lossier.
Quel incroyable château !

   D'abord parce qu'il est entier (contrairement aux très nombreuses ruines que je visite), mais en plus toutes les salles sont accessibles quelque soit l'étage. Et c'est depuis une fenêtre du bâtiment Ouest que je regarde dans l'une des nombreuses cours.
   Au fond, l'imposant donjon marquant la puissance des Comtes de Savoie.
    Sur la gauche, une bretèche protège une porte des tentatives d'approche des assaillants. Evidemment, pour faciliter la surveillance et les tirs de flèches, un chemin de ronde "encercle" la cour

  Les salles d'habitation :

      Les premières salles ne sont pas vraiment des habitations, et pourtant y vivaient des hommes.

Qu'est ce ?

    Tout simplement la prison où quelques personnages illustres ont "vécus". Les murs comportent de nombreux graffitis, signatures et dessins de toutes les époques (même du 21ème siècle mais point prisonnier ils étaient). Lord Byron a aussi apposé sa griffe. Il n'était pas prisonnier, mais simple visiteur. Après sa visite, il a écrit en 1816 son célèbre poème "The prisonner of Chillon" inspiré de Bonivard enfermé de 1530 à 1536.
    Cette magnifique salle gothique voûtée a été construite lors de l'extension du château à la fin du 13ème siècle. Sa fonction première était une cave avec un accès au lac. Pour supporter les étages supérieurs, la salle est divisée en 2 avec de puissants piliers centraux. La voûte de droite est posée sur la roche et aussi sur l'ancien mur d'enceinte du 11ème siècle. D'autres salles aussi "rustiques et belles" se succèdent : Arsenal, cachot, gibet....

 

Histoire du château :

  • * A l'époque Romaine, un castrum est construit non loin pour surveiller le passage et le lac.
  • * Au 9ème siècle (?), les terres appartiennent à l'abbaye de Saint Maurice (dans le Valais actuel).
  • * Au 10ème siècle, la maison Royale de Bourgogne donne les terres à l'Evêque de Sion.
  • * En 1032, à la mort du roi Rodolphe III, l'Empereur Conrad II intègre par la force le royaume dans celui du Saint Empire Romain Germanique.
  • * Au milieu du 11ème siècle (?), pour remercier le Comte Humbert Ier aux blanches mains (voir liste des Comtes de Savoie) de son soutien, l'Empereur lui donne de nombreux territoires dont ceux autour de Chillon.
  • * Vers 1050, commence la construction en pierres d'une tour d'habitation, d'une cour et de petits bâtiments entourés d'une enceinte.
  • * Vers 1150, fin des travaux des bâtiment principaux. La forteresse est souvent habitée par le Comte de Savoie.
  • * En 1200, le Duc (voir titre de noblesse) de Zähringuen souhaite étendre son territoire vers le lac. Il assiège le château de Chillon. Thomas Ier Comte de Savoie, en accord avec les Vaudois, contient les ambitions du Duc et lui fait subir une cinglante défaite.
  • * En 1255, Pierre II de Savoie demande à son architecte Pierre Meinier de renforcer la place mais aussi de la rendre encore plus confortable. Chillon doit être le reflet de la puissance Savoyarde. (rappel : Pierre II fonde dans le pays de Vaud de nombreuses forteresses dont Romont). 
  • * Durant plusieurs années, les différents Comtes de Savoie organisent dans le château de Chillon des réceptions fastueuses, accordent des audiences politiques et rendent la justice.
  • * Au 14ème siècle, des travaux d'embellissement des intérieurs sont réalisés (peintures décoratives, boiseries, immenses cheminées, etc...).
  • * Au 15ème siècle, les Ducs de Savoie n'habitent que rarement à Chillon. Un châtelain réside dans le château avec quelques soldats.
  • * En 1476, les Bernois souhaitent récupérer ce puissant château mais n'osent pas l'attaquer.
  • * Au 16ème siècle, avec l'amélioration des armes à feu, la forteresse reçoit de nombreuses bouches à feu
  • * En 1536, les Bernois tentent un siège devant Chillon, et sans combattre en prennent possession, (le châtelain a préféré fuir par le lac). Le prieur de Saint Victor François Bonivard, prisonnier au château pour son attitude favorable aux confédérés, est libéré.
  • * En 1537, un bailli s'installe dans le château. Quelques aménagements de décors et surtout fonctionnels sont réalisés par le Bernois.
  • * En 1733, le siège du bailli est transféré à Vevey. Le site devient un hôpital.
  • * En 1803, le château est donné au canton de Vaud qui le transforma en arsenal et en prison.
  • * Vers 1900, des recherches archéologiques sont entreprises.
  • * Au 20ème siècle, le château est aménagé pour la visite.
  • * Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est payante.

 

 






Salle décorée durant l'occupation bernoise : armoiries des baillis bernois présents à Chillon de 1536 à 1797CHATEAU D'EILAN DONAN  - ECOSSE

Image illustrative de l'article Eilean Donan                                                                                                                                                                                                   

Le château d'Eilean Donan commence à être édifié à partir du début du XIIIe siècle13, peut-être en 12207 ou en 12306. À cette époque et depuis le IXe siècle, les Vikings effectuent des raids en Écosse au point de contrôler et de s'installer dans certaines parties du pays12,13. Ces possessions vikings dans les îles Britanniques n'obtiennent leur indépendance complète vis-à-vis du royaume de Norvège qu'au milieu du XIIIe siècle et sont alors dirigées par les Seigneurs des Îles13. Soucieux de défendre ses terres, le roi écossais Alexandre II choisit Eilean Donan, située à une position stratégique au carrefour de trois lochs maritimes, pour y installer un ouvrage défensif6,13. Il meurt en 1250 en combattant les Vikings mais son fils Alexandre III en est victorieux en 1263 et récupère toutes les terres écossaises qu'ils détenaient12.

Le château d'Eilean Donan est agrandi à de nombreuses reprises après sa construction au point d'occuper la totalité de l'île13. Le château fort est alors ceinturé par un chemin de ronde renforcé par des tours qui encerclent un donjon élevé au point culminant de l'île13. Les dimensions du château seront finalement ramenées au cinquième de cette taille maximale à la fin du XIVe siècle pour des raisons obscures, peut-être pour adapter l'ouvrage au nombre de soldats disponibles pour le défendre13. Son remaniement se poursuit avec l'ajout au XVIe siècle d'une plateforme dans la partie orientale du château afin d'y recevoir des canons, la nouvelle arme à feu de l'époque13.

Le futur roi d'Écosse Robert Ier se serait réfugié à Eilean Donan alors qu'il était poursuivi par les Anglais et c'est depuis le château qu'il serait parti à la reconquête de son trône, le récupérant quelques mois plus tard12. L'ouvrage défensif sert ainsi à de nombreuses reprises contre des ennemis étrangers mais aussi au cours des luttes entre clans écossais comme ceux des MacRaes et des MacDonalds12,16. Le château est habité pendant une longue période par des hommes du clan MacKenzie qui l'acquièrent au XIVe siècle17 et il est géré par un connétable6,16. Ce titre, un des plus prestigieux du Kintail à l'époque, revient aux MacRaes6,16 à la suite d'un acte de guerre lorsque Duncan MacRae, alors simple éclaireur au château, parvient à en assurer seul la défense contre une attaque du clan MacDonald en 153912,17. Avec la Première Révolution anglaise au milieu du XVIIe siècle, des troupes royalistes stationnent temporairement dans le château, le clan MacKenzie étant opposé aux républicains12.
File:Eilean Donan Castle archer.jpg

Sculpture sur bois représentant Duncan MacRae défendant seul le château lors d'une attaque du clan MacDonald en 1539.

Restauration du château

Intérieur décoré et meublé du château d'Eilean Donan.

En 1911, John MacRae-Gilstrap rachète l'île et y entreprend la restauration du château à partir de 1912 avec l'aide de Farquar MacRae qui joue le rôle de conducteur de travaux6,13. Dans un premier temps, le site est dégagé des blocs épars afin de révéler la structure du château6. Ce n'est qu'en 1920 que l'édification proprement dite commence, s'achevant en juillet 1932, soit au bout de vingt ans de travaux13,14. D'un coût de 250 000 livres sterling6, cette réhabilitation constitue le quatrième gros remaniement du château depuis sa construction18. La reconstruction des bâtiments et la restitution de leur architecture se font uniquement sur la base des ruines encore visible sur le site6. Ce n'est qu'une fois l'ouvrage terminé que des plans du château sont retrouvés dans les archives du château d'Édimbourg6. Par comparaison de l'ancien et du nouvel aspect du château, il s'avère que la reconstruction a été d'une grande fidélité au style originel6.

Plan des ruines du château en 1887.

Les ruines permettent de deviner l'organisation générale du château3. Celui-ci se compose d'une cour intérieure avec dans son angle nord-est le donjon, d'une longueur de 57 pieds (17 mètres), d'une largeur de 43 pieds (13 mètres) pour une épaisseur des murs de 10 pieds (3 mètres), ainsi que dans sa partie sud un autre bâtiment rectangulaire3. À l'extérieur de la cour se trouve une tour à sept côtés de 20 pieds (6 mètres) de diamètre et dont la base est située en contrebas de la cour intérieure3. Cette structure, qui pourrait être une ancienne citerne d'eau douce, est reliée aux murailles orientales par deux murs d'une épaisseur de 5 pieds (1,5 mètre) et qui auraient pu atteindre une hauteur de 15 pieds (4,5 mètres)3. Les murs d'enceinte de la cour sont percés de deux portes3. La principale, fortifiée12, dans le mur sud ainsi qu'une plus petite dans le mur ouest qui permettait vraisemblablement d'accéder directement au château depuis le loch Duich avec une petite embarcation3. La salle des gardes, aux murs de quatorze pieds (4 mètres) d'épaisseur et au plafond voûté, les cuisines, où la préparation des repas se fait sans équipement moderne, ou encore la salle du banquet avec ses poutres apparentes, sont les pièces les plus remarquables du château, lequel est entièrement meublé et décoré dans le style du Moyen Âge12. Érigée à l'occasion de la reconstruction du château, une stèle à la mémoire de Canadiens, d'Australiens et de membres du clan MacRae tombés au combat lors de la Première Guerre mondiale, se dresse à l'extérieur des murs6,7.

Vue de la cour intérieure du château d'Eilean Donan.
Intérieur décoré, meublé et mis en scène du château d'Eilean Donan.

Le château reste une propriété familiale tout au long du XXe siècle, même lorsque le Conchra Charitable Trust est créé en 198314. Cette société de bienfaisance est mise en place par des membres du clan MacRae afin d'assurer la gestion, l'entretien et la restauration du château14. Ainsi, parmi les récents aménagements effectués dans le château et ses abords, il y a la création de six chambres au troisième étage en 1996 ainsi que la rénovation de la toiture et des murs extérieurs d'une partie du château au début des années 200014. L'accès routier à l'île et au château a été réaménagé en 1997 et 1998 par la création d'une voie centrale sur la route A87 dont le tracé a été redessiné ainsi que l'agrandissement et le réaménagement du parking et du centre des visiteurs14. Ce centre des visiteurs regroupe le point de vente des billets pour le château, une boutique souvenir et un centre d'exposition sur la rénovation du château14,18. Il permet aussi à toute personne ne pouvant gravir les nombreuses marches du château d'effectuer une visite virtuelle du lieu18.

Le château d’Eilean Donan est l’un des monuments les plus célèbres d’Ecosse. Situé sur l’île de Donan, dans les highlands, il fait partie de ces vieux châteaux que l’on imagine aisément apparaître dans le brouillard, au crépuscule, dans la grande tradition des histoires de fantômes écossais. Il a d’ailleurs servi de décor à de nombreux films, de Highlander (Russel Mulcahy, 1986) à Le monde ne suffit pas (1999) de la série des James Bond, en passant par Loch Ness (1996), et d’inspiration à de nombreux artistes. Citons ainsi Don Rosa, créateur des albums de la BD La Jeunesse de Picsou, le fameux canard écossais milliardaire et oncle de Donald Duck.


L’île d’Eilean Donan fait partie de l’archipel des Hébrides intérieures, dans l’océan Atlantique de l’ouest de l’Ecosse. Elle se trouve à proximité immédiate des côtes des Highland, à la sortie du loch Duich, un loch maritime, c’est à dire un lac à l’écossaise, relié à la mer dans ce cas précis. Elle n’est pas beaucoup plus grande que le château qui y est construit, au point qu’un pont à arches de pierre la relie au reste de la Grande-Bretagne.

L’île, tout comme le reste de l’Écosse, fut probablement découverte à la Préhistoire. Aux alentours de 580, un évêque irlandais, saint Donan, arriva en Écosse afin d’évangéliser la population et à la fin du 7ème siècle, une petite communauté s’établit sur l’île baptisée Eilean Donan en hommage à l’homme d’Église.

Les Vikings prirent ensuite contrôle d’une partie de l’Écosse entre 800 et 1266 et c’est pour se protéger de leurs incursions et de leur progression territoriale qu’Eilean Donan, position défensive stratégique, fut fortifiée au début du 13ème siècle par les seigneurs de Kintail. Par la suite, ces constructions fortifiées devinrent un véritable château médiéval avec tours, rempart ceinturant entièrement l’île et donjon érigé sur son point culminant.

Il faut dire qu’au 13ème siècle, cette partie de la mer était comme un royaume en elle-même, l’océan étant le meilleur moyen de transport à l’époque. Le seigneur de ces lieux régnait  alors sur un certain nombre de chefs de clans féodaux dont la puissance se mesurait au nombre de leurs hommes et de leurs bateaux ou “birlinns”.

Ce château fut en partie démoli un siècle plus tard jusqu’à se réduire à un cinquième du château actuel et ce pour des raisons inconnues, peut-être pour adapter la structure défensive au nombre peu élevé de soldats. Un bastion fut ajouté au 16ème siècle afin de permettre l’utilisation de canons mais l’ensemble fut gravement endommagé au début du 18ème siècle lors d’un épisode de la rébellion jacobite. En effet, en 1719, la garnison du château était composée de 46 soldats espagnols mais, ces derniers soutenant les Jacobites, ils projetèrent un soulèvement en stockant de la poudre et en attendant une livraison d’armes et de canons.



CHATEAU DE LICHTENSTEIN

Le château de Lichtenstein est un château du XIIIe siècle situé sur l´Albtrauf au-dessus de la commune de Lichtenstein (Bade-Wurtemberg), en Allemagne. On l´appelle aussi le château de contes de fées des Wurtemberg (Märchenschloss Württemberg).

Bâti sur un piton rocheux défendu par une coupure naturelle, il fut complètement refait et décoré dans le style « troubadour » en 1842.




Image illustrative de l'article Château de Lichtenstein

L´histoire du château remonte au XIIIe siècle, lorsque la famille Lichtenstein fonda le château fort du « Vieux Lichtenstein » dit aussi « Le Vieux Lichtenstein ». Il fut détruit deux fois, durant la Reichskrieg, en 1311 et en 1381, par les troupes de la ville libre (Reichstadt) de Reutlingen. La deuxième fois, le château fort ne fut pas reconstruit et tomba en ruines. En 1802, le roi Frédéric Ier de Wurtemberg y fit bâtir un pavillon de chasse.

Le prince Guillaume, collectionneur d'armes, d'armures et de peintures avait besoin d'un lieu ou entreposer sa collection. Il fut impressionné par le livre Lichtenstein de Wilhelm Hauff (paru en 1826) et voulut transformer le pavillon de chasse en château du temps de la chevalerie. C'est pourquoi le château fut reconstruit entre 1840 et 1842 dans cet état d'esprit, et d'après les plans de Carl Alexander Heideloff.


 

vieux château de Lichtenstein en Allemagne, en Europe Banque d'images - 4856401

" Château de contes de fées des Wurtemberg"

Aujourd'hui, visite au château fort de Lichtenstein, qui est un château du XIIIe siècle, situé sur l'Albtrauf au dessus de la commune de Lichtenstein (Bade - Wurtemberg), en Allemagne. On l'appel aussi le château de contes de fées des Wurtemberg (Mächenschloss Württemberg)

Tout d'abord, un petit aperçu de l'histoire du château: l'ancien château fort, construit en 1100, était le siège de la famille des chevaliers de Lichtenstein.
Il fut détruit 2 fois, durant la bataille de 1377 par les habitants de la ville libre de REUTLINGEN.
La deuxième fois, le bourg ne fut pas reconstruit et tomba en friche. Les fondations actuelles ont été construitent en 1388. En 1802, le roi Frédéric 1er de Wurtemberg y fit bâtir un pavillon de chasse.
                                                    


 



Le Comte, collectionneur d'armes,
d'armures et de peintures avait besoin
d'un lieu ou entreposer sa collection.
Il fut impressionné par le livre
"Lichtenstein" de Wilhelm Hauff (paru
en 1826) et voulut transformer le pavillon de chasse en château du temps
de la chevalerie. C'est pourquoi le château fut reconstruit en 1840 et 1842 dans cet état d'esprit, et d'après
les plans de Carl Alexander Heideloff.

Les murs extérieur et la tour ont été
rajoutés plus tard.



Le château était jusqu'en 1892 la résidence d'été de la famille Ducale. A la fin de la 2ème guerre mondiale, les alliés ont tiré avec des chars sur le château et ont fortement endommagés, la tour et le 2ème étage, qu'hélas nous ne pouvons pas visiter pour des raisons de sécurité.
Mais en revanche, nous pouvons voir 
"La Salle d'Armes"
"La Chapelle"
"La Chambre Royale"
et "La salle des Cheval

- Propriétaires Les principaux seigneurs du Lichtenstein sont les héritiers de son concepteur, les Ducs d'Urach (branche de la famille Würtemberg).
. 1837-1869: Wilhelm Graf Von Württemberg, Duc d'Urac à partir de 1867 et mourut en 1869.
. 1869-1928: Wilhelm Karl Von Urach
. 1928-1981: Karl Gero Von Urach
. 1981-1991: Karl Anselm Von Urach
. depuis 1991: Wilhelm Albert Von Urach

J'espère que cette visite vous aura plu, et à la prochaine aventure. 






 

 

 

 

 

 

 

 

 


CHATEAU D'ECOUEN (France)


 
Vue aérienne du château

Le château d'Écouen, situé à vingt kilomètres au nord de Paris, et qui surplombe la belle étendue de la plaine du pays de France, lancée à la rencontre de la forêt de Chantilly, abrite aujourd'hui les collections exceptionnelles du Musée national de la Renaissance. Il est pour elles un écrin tout aussi exceptionnel. Propriété d'un grand seigneur de la Renaissance, Anne de Montmorency, qui a grandi dans l'intimité de François 1er, puis prospéré sous la protection de Henri II, Écouen n'est pas une demeure comme les autres : elle inscrit dans ses pierres les ambitions et les succès d'un homme puissant qui est aussi un mécène et un esthète passionné d'art. Elle incarne la vision moderne d'un seigneur qui guerroya en Italie et se promit de retrouver un jour sur ses terres l'éblouissement qu'il connut face aux palais transalpins.
Cet ardent collectionneur, bien souvent à l'avant-garde du goût, était aussi l'héritier d'une fortune colossale, qu'il accrût encore par une judicieuse politique d'acquisitions, par son mariage avec Madeleine de Savoie et par la faveur royale. À sa mort, en 1567, il possède quelques 130 châteaux disséminés dans toute la France et deux résidences parisiennes dont son hôtel de la rue Sainte-Avoye qu'il a doté d'une galerie peinte par Nicolo dell'Abbate. Tous ces lieux sont le théâtre de reconstructions, d'aménagements, voire de véritables projets architecturaux, comme ceux du petit château de Chantilly (1559) ou du stupéfiant pont-galerie de Fère-en-Tardenois, tous deux conçus par Jean Bullant. Mais Écouen reste son chef-d'oeuvre.

 



File:Musée national de la renaissance ecouen.JPG


 
 
Détail de pavement

La famille Bouchard de Montmorency possède la terre sur laquelle s'élève un château médiéval. Anne de Montmorency le fait raser en 1538 et décide d'y élever une demeure digne du titre de Connétable qui vient de lui être décerné. Les travaux vont durer jusqu'en 1555 et tout ceux que la France compte d'artisans prestigieux, français ou étrangers, ayant souvent oeuvré sur le chantier royal de Fontainebleau - Jean Bullant, Bernard Palissy, Masseot Abaquesne, Jean Goujon, peut-être Nicolo dell'Abbate - vont se succéder à Écouen. Le château se couvre de pavements, de vitraux, de lambris, de frises et de paysages peints, de marbres et de fontes. Les arts décoratifs suivent et ce sont les chatoyants émaux de Léonard Limosin, des poteries de Saint-Porchaire, la majolique italienne, des tapisseries à profusion, des peintures d'artistes comme le Rosso, des livres rares et des pièces d'orfèvrerie d'une virtuosité stupéfiante qui s'amoncellent pour créer une ambiance d'un luxe inouï, bien digne, en effet de devenir le lieu de villégiature favori d'Henri II.
Le château resta dans la famille du Connétable en ligne directe jusqu'en 1632, date à laquelle son petit-fils Henri eut la tête tranchée par ordre de Richelieu dont il ne soutenait pas la politique. Quelques mois après sa confiscation, Écouen est rendu à la soeur du malheureux supplicié, Charlotte d'Angoulême. En 1696 sa petite-fille, la duchesse de Joyeuse, sans descendance lègue la propriété à la famille des Condé, qui possède déjà Chantilly. Écouen restera dans leur patrimoine jusqu'à la Révolution et, en 1787, pour mieux voir la campagne environnante, ils abattent l'aile d'entrée ou orientale qui renfermait probablement des fresques de Nicolo dell' Abbate et des pavements de Masséot Abaquesne.

 
 
   
   

 

La révolution affecte au château diverses fonctions : lieu de réunion d'un club patriotique, prison militaire, hôpital. Enfin, Le 15 décembre 1805, Napoléon y prescrit par décret l'ouverture d'une maison d'éducation pour les filles de la Légion d'Honneur. En octobre 1807, après la reconstruction d'une aile orientale, la rentrée des élèves se fait sous la direction de l'intendante Madame Campan à laquelle Napoléon avait dit : " Faites-en de bonnes mères de famille catholique, je ne veux pas de bas-bleus ".
Elles seront quelques milliers à connaître cette éducation, quoique Écouen ait cessé de répondre à ces voeux entre 1814 et 1850, période où Louis XVIII l'avait restitué aux Condé qui le laissèrent peu ou prou à l'abandon, à partir de 1830. En 1850 Louis-Napoléon y fait transférer la Maison de la Légion d'honneur située rue Barbette à Paris. Désormais, l'éducation des jeunes filles est à nouveau le rôle principal d'Écouen, jusqu'en 1962. On le met alors à disposition du Ministère des Affaires culturelles pour y accueillir le Musée national de la Renaissance qui ouvre ses portes après de lourds travaux de restauration en 1977. L'essentiel des collections qu'on y trouve - dont la splendide tapisserie de David et Bethsabée, avec ses dimensions contraignantes, 75 m de long sur 4,50 m de haut qui ont trouvé dans la galerie de Psyché un havre providentiel - vient du Musée de Cluny, où elles ont été acquises par Edmond du Sommerard. Quant aux objets provenant du château - vitraux, pavements, serrures ou fragments rescapés de l'aile orientale - ils ont été intégrés à la muséographie.

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1-Le château vu du sud-est. Son plan carré avec pavillons aux angles est caractéristique de la Renaissance. Trois de ses cotés sont bordés par des ailes à trois niveaux. Le quatrième coté, celui de l'entrée, est limité à une galerie à niveau unique.

 

 

 

2- Le château est installé sur le flanc nord d'une colline dominant largement le village d'Ecouan et les environs. Un vaste panorama s'ouvre sur la plaine de France. Depuis le sommet de cette colline, il est possible d'apercevoir Paris, située à seulement 19 km vers le sud.

 


3- Le château vu du sud-ouest. Il est défendu par un fossé sec peu profond et par des fortifications légères. La plupart des châteaux de cette époque sont encore munis de ce type de défense.

 

4- Façade nord du château. L'avancée centrale abrite une vaste cage d'escalier qui fut ajoutée lors de la construction.



5- L'entrée principale du château. L'aile ouest comportait à l'origine un remarquable portail, mais fut démolie à la fin du XVIIIe siècle et rebâtie de manière plus sobre sur ordre de Napoléon Ier. Au XVIe siècle, le château était protégé par un châtelet muni d'un pont-levis, dont on aperçoit la base au premier plan.



6- Une lucarne du pavillon sud-ouest. Ces lucarnes ont des formes irrégulières aux décorations variables d'une aile à l'autre. Elles témoignent de l'évolution progressive des goûts pendant le chantier.





7- La cour intérieure vue depuis l'aile ouest. Le décor sculpté reste austère, comparé aux autres châteaux d'époque François Ier.




8- Entrée de l'aile sud. Ce superbe portail, œuvre de Jean Bullant, introduit en France un style résolument classique et monumental. L'inspiration antique se fait particulièrement ressentir.



9- Portail de l'aile nord. Plus ancien, il est d'une facture plus simple que celui de l'aile sud, auquel il fait face.



10- Les grands escaliers du château sont droits et superposés rampes sur rampes, innovation de la Renaissance. Les escaliers à vis hérités de l'époque médiévale sont toutefois encore présents dans les pavillons d'angles. Ils ne disparaîtront qu'à la fin du XVIe siècle.



11- Porte d'entrée de la chapelle. Son décor est résolument Renaissance.



12- L'intérieur de la chapelle conserve en revanche une structure gothique.



13- Les superbes voûtes richement décorées de la chapelle.


14- Dans l'une des salles de l'aile sud, hotte de cheminée peinte. Le château comptait autrefois d'innombrables fresques murales de ce style.



15- Superbe cheminée de l'une des salles de l'aile nord. Les cheminées constituaient, à la Renaissance, des supports privilégiés d'art.


16- Galerie de Psyché : la grande salle du château. De son décor original ne subsistent plus que quelques portions de peintures murales. Les cheminées proviennent d'autres édifices, de même que les tapisseries.




17- Meuble Renaissance. Le château d'Ecouen abrite désormais le Musée National de la Renaissance. Il présente quantité de pièces superbes du XVIe siècle, venues des quatre coins de l'Europe.



18- Très belle commode d'origine vénitienne. Le décor d'une grande finesse cache de nombreux tiroirs.





19- Pavement en majolique (faïence) représentant l'arche de Noé, l'un des nombreux thèmes bibliques figurant souvent au milieu de scènes empruntées à la mythologie gréco-romaine.


20- Superbe objet d'art dit « nef de Charles Quint » de fabrication allemande. Ce curieux navire métallique doré dissimule un mécanisme d'horlogerie animant certains personnages. Il est muni de roues pour pouvoir rouler sur les tables de banquets.


Ecouen était au VIIe siècle une terre dépendante de l'abbaye de Saint-Denis. Elle passa sans doute peu avant l'an mil entre les mains de Bouchard II de Montmorency. Ce noble turbulent avait en effet pris la fâcheuse habitude de piller systématiquement les possessions du monastère dionysien. Ses successeurs immédiats, Thibaut, Bouchard III et Hervé, se montrèrent beaucoup plus pacifiques et se rapprochèrent des monarques capétiens. Thibaut reçut même la prestigieuse charge de connétable du roi Philippe Ier (1160-1108). La famille de Montmorency donnera d'ailleurs pas moins de six connétables à la France. Bouchard IV renoua avec la tradition du seigneur brigand et fut ramené à de meilleurs sentiments par Louis VI le Gros en 1101. Désormais, la destinée de la famille de Montmorency resta intimement liée à celle de la maison capétienne. Nous retrouvons notamment Mathieu II aux côtés de Philippe Auguste sous les murs de Saint-Jean-d'Acre en 1191, et à Bouvines en 1214.
Le vieux château médiéval d'Ecouen fut détruit en 1538 par l'héritier de l'antique lignée : Anne de Montmorency. Ce puissant personnage, fils de Guillaume de Montmorency et né à Chantilly en 1492, dut sa prospérité à François d'Angoulême (futur François Ier). Anne suivit le roi en Italie, obtint le grade de Maréchal de France en 1522, puis la charge de connétable en 1538. La même année, il lançait le chantier d'Ecouen qui devait durer 17 ans. Cet homme de guerre redoutable doublé d'un politique avisé, était également un passionné d'art, un bibliophile averti et un mécène éclairé. Son mariage avec Madeleine de Savoie augmenta encore l'étendue de ses richesses. A sa mort, en 1567, il possédait 130 châteaux, dont Chantilly et Fère-en-Tardénois. Henri II (1547-1559) aimait venir le retrouver à Ecouen pour d'interminables parties de chasse. Une tradition rapporte que le monarque aurait pour la première fois rencontré dans la galerie de Psyché sa célèbre maîtresse, Diane de Poitiers.

Ecouen demeura entre les mains de la même famille jusqu'en 1632, date à laquelle Henri II de Montmorency, peu favorable aux méthodes de gouvernement de Richelieu, eut la tête tranché sur ordre du cardinal. Richelieu attribua toutefois Ecouen à Charlotte d'Angoulême, sœur du supplicié. La lignée s'éteignit en 1696 et la dernière héritière, la duchesse de Joyeuse, légua son château à Henri-Jules de Bourbon, fils du grand Condé. Mais les Condé préférèrent largement séjourner à Chantilly plutôt qu'à Ecouen et c'est le premier palais qui bénéficia de toute l'attention des ces seigneurs omnipotents. Certains éléments décoratifs furent d'ailleurs transférés d'Ecouen à Chantilly. Pour bénéficier d'une meilleure vue sur les alentours, les Condé firent abattre l'aile est d'Ecouen en 1787.

Pillé et confisqué à la Révolution, le château devint tour à tour un lieu de réunion de patriotes, une prison militaire et un hôpital. Napoléon Ier y installa en 1805 un pensionnat de jeunes filles, pour les enfants de chevaliers de la Légion d'Honneur. Louis XVIII redonna Ecouen aux Condé sous la Restauration et Louis-Napoléon (futur Napoléon III) réouvrit le pensionnat en 1850. Les cours se poursuivirent à Ecouen jusqu'en 1962… Ecouen fit alors l'objet d'un vigoureux programme de restauration et abrite depuis 1977 les collections du Musée National de la Renaissance.
 
  • 1538-1555 pour l'actuel palais, par le connétable Anne de Montmorency.
Sous le règne de :
  • François Ier (1515-1547) et Henri II (1547-1559).
Grandes dates :
  • 1567 : Mort d'Anne de Montmorency.
  • 1632 : Mathieu II de Montmorency décapité sur ordre de Richelieu. Ecouen passe à sa sœur, Charlotte d'Angoulême.
  • 1696 : Le château aux mains des princes de Condé.
  • 1805 : Ouverture d'un pensionnat de jeunes filles.
  • 1962 : Fermeture du pensionnat.
  • 1977 : Ouverture du Musée National de la Renaissance.
Principal intérêt :
  • Chef-d'œuvre de la seconde Renaissance, Ecouen fut bâti d'un seul jet entre 1538 et 1555 par l'un des plus puissants seigneurs de France. Il est largement influencé par l'école de Fontainebleau et témoigne de l'arrivée à maturité des architectes et artistes de la sphère française au milieu du XVIe siècle.
Statut :