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Le site de Montverdun est une formation volcanique, datant d'environ 20 millions d'années, liée
à l'effondrement qui donna naissance à la plaine du Forez.  Le Mont d'Uzore au sud, la buttte
de Marcilly et, plus loin, Saint Romain le Puy, la butte de Montbrison, sont autant de manifestations
de ce volcanisme ancien, comme le sont aussi les sources d'eaux minérales de Sail-sous-Couzan,
Saint Galmier, Saint Romain le Puy.  Le produit de ce volcanisme est une pierre noire (basalte),
largement utilisée dans la construction du monastère.

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Vue aérienne du monastère et de l'église.


LE MONASTERE

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En l'absence de vestiges archéologiques en place, il est difficile d'affirmer l'occupation antiquedu site. 
Cependant, quelques éléments inclinent à le croire, silex, céramiques gauloise et
gallo-romaines, ainsi que le nom même de Montverdun formé des mots celtes Ver et Dun
signifiant grand hauteur.

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Du 8ème au 12ème Siècle, les connaissances de cette période sont constituées de documents
d'archives tous réécrits à des époques ultérieures formant ainsi une trame plutôt qu'une suite de
faits précis.

 

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De 728 à 735 Saint Porcaire - Fondation du monastère.
L'histoire rapporte que le mondastère fut créé par Porcaire, abbé du monastère de Lérins en 728,
dont la dernière vision fut le massacre de ses moines par les Sarrasins.  Après quoi ces derniers
lui crevèrent les yeux.  Il viendra à Montverdun fonder le monastère qui, quelques années plus tard,
deviendra le lieu de son martyr.

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De 910 à 1010 Cartulaires de l'abbaye de Savigny
Dons particuliers, vignes, terres, chapelle Saint Pierre, à l'abbaye de Savigny, aujourd'hui
disparue, située près de l'Arbresle.  Travaux d'aplanissement de la butte, fortification des
terres.  Les fossés mis à jour en 1988 pourraient se rattacher à cette période.

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En 994, l'Eglise Saint Porcaire de Montverdun fait partie des possessions de l'église
métropolitaine de Lyon.  Vraisemblablement fondé au 8ème siècle par l'abbaye d'Ainay
(Lyon), elle-même fondée par l'abbaye de Lérins, le monsastère de Montverdun semble
passer sous le contrôle de l'abbaye de Savigny aux environs de l'an 1000.

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Du 13ème au 18ème siècle
1233 Acte relatif à l'explusion des chanoines réguliers de l'ordre de Saint Augustin, soumis
à Savigny, au profit des moines bénédictins de l'abbaye de la chaise-Dieu. Le contexte
politique et religieux de l'époque en fournit l'explication.

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De 1233,à 1700, Le nombre des moines, établi à 20, fait de Montverdun le plus important
établissement casadéen en Forez.  Les prieurés foréziens des Saint-Médard, Boisy, La
Boulène, Craintilleux, Saint-Denis et de Saint-Clément font partie de ses possessions
ainsi que Pouilly-le-Monial et la "Maison de Lyon" où prend pour enseigne la Croix-
Blanche.

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Le déclin du monastère s'amorce au début du 16ème siècle et se poursuivra tout le long du
17ème siècle.  En effet, le comte du Forez, allié à l'évêque de Lyon, affirme chaque jour un
peu plus sa puissance face au Beaujolais.  Nos chanoines, liés à ce dernier par les abbayes
de Savigny et de Cluny, n'inspirant sans doute pas confiance, c'est aux bénédictins de la
chaise-Dieu que le monastère sera confié, le comte du Forez se réservant les droits de haute
justice sur ce qui est déjà une forteresse.

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En 1640, l'abbaye de la chaise-Dieu cesse l'affiliation des nouveaux moines. Le dernier s'éteindra
en 1700.

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De 1700 à 1789 - Séminaire Saint-Charles de Lyon
Les batiments conventuels, à l'exception de l'église, sont cédés au séminaire Saint-Charles
de Lyon, qui en fait des écoles pour les pauvres religieux nécessiteux après d'énormes
travaux de reconstruction en 1740.

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De 1789 à 1968 L'ensemble, devenu propriété de la commune de Montverdun, connaît des
affectations diverses.  Si l'église est réservée au culte, les autres batiments pourront être
utilisés comme presbytère, écoles, logements, bâtiments agricoles, ou tout simplement
démolis pour en vendre les pierres.

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Restitution de l'état des bâtiments au XVIIIème siècle.

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Vous êtes ici au centre du monastère et plus précisément au centre du cloître disparu depuis
fort longtemps (en 1641, ce dernier est "entièrement démoly sans qu'il en reste aucun vestige
d'icelui).
Les bâtiments conventuels, disposés autour, comprenaient, conformément à la règle de Saint
Benoît, la salle capitulaire et la sacristie (grand bâtiment fermant entièrement l'espace côté est,
lui aussi disparu, et au sud le réfectoire (pan de mur en ruine percé de fenêtres).
Cette galerie de chêne, illustre les difficultés que posent certaines restaurations au niveau des
enduits.  Doit-on conserver à la balustrade son aspect actuel (petites pierres et fragments de
tuiles apparentes) ou recouvrir le tout (y compris les bois) d'un enduit imitant la brique (rose à
joints blancs), tels qu'il était à la construction.

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 La visite des caves ne prendra que peu de temps car la seule visitable mais aussi la plus remarquable,
est la grande cave du prieuré (13ème siècle).  Comme les autres caves, elle est adossée au rempart.
Son existence semble découler autant de la nécessité d'économiser des matériaux, que de fournir des
lieux de stockage, tel pour le vin. 

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Cette grande cave se compose de deux voûtes en berceaux (demi cylindre) retombant sur trois piliers.
Elle est en partie creusée dans le rocher basalte vers l'entrée, cendres volcaniques vers le fond.
Ces dernières ont permis une taille plus régulière des parois et du sol, ainsi que la réalisation d'une
niche en cul de four à rebord, qui se fermait par des portes comme le laisse penser la feuillure
entourant la niche, et comportait deux étagères.

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En sortant de cette cave, vous passerez sur d'autres caves effondrées ou murées depuis
longtemps déjà.

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En montant sur la grande cave (au centre de la photo), vous êtes à l'emplacement du logis du sacristain détruit
par un incedie au début du 19ème siècle.  Une pierre d'évier à la base d'une fenêtre indique la place de la
souillarde (pièce d'eau).

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Paysage ouest
De gauche à droite - Marcoux et le château de Goutelas à min-pente, puis Trelins, Boën à l'entrée de
la vallée menant vers l'Auvergne, Saint-Sixte et son clocher pointu.

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En pénétrant dans l'espace conventuel, la première chose qui apparaîtra à votre vue est l'ancien four à pain
(actuellement en restauration).  En face de vous, le logis du Prieur et sa galerie de chêne, construite au
milieu du 15ème siècle.  Le soin apporté par les prieurs à l'entretien de leur logis (au détriment des bâtiments
conventuels) en a permis la conservation.  Il fut en outre épargné par les divers incendies qui embrasèrent
le monastère.  L'exposition nord de la galerie, liée au voisinage immédiat du réfectoire, l'ont mise à l'abri des
effets destructeurs du soleil et de la pluie.

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Par l'escalier ouest on accède au premier étage de la galerie et aux salles attenantes.

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Bien que de dimensions modestes, cette salle comporte une grande et belle cheminée gothique
aux armes de Renaud de Bourbon, archevêque de Narbonne, Prieur de Montverdun de 1466 à
1482.
Les murs de cette salle font l'objet d'une recherche qui enrichit considérablement la connaissance
du monastère.  Trente couches d'enduits, badigeon, décors superposées ont été mises à jour.
La datation de certaines d'entre elles en relation avec des bois permet d'établir la suite des
transformations suivantes :

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1èrement - Existence du rempart (date de construction inconnue) mur est.
2èmement - Etablissement d'une ouverture en brique en plein cintre enduite
et décorée (12ème siècle).
3èmement - Construction des murs en pisé nord, ouest et sud avec décor
de fausse pierres peintes, plafond peint dont il subsiste 4 poutres de sapin
décorées (1254)
4èmement - Rebouchage partiel de la voûte en brique, décor d'écussons et
de blasons peints : fortification probable du monastère (1360 ou 1370)
5èmement - Construction de la galerie en bois, percement de la porte lui
donnant accés, réalisation d'un enduit blanc très lisse (1442)
6èmement - Etablissement de la fenêtre à meneaux est et du solivage sapin
du plafond actuel (1469)
7èmement - Mise en place de la grande cheminée, bâti de porte est et latrine
attenante, réalisation d'un enduit lisse de couleur sombre (1477)
8èmement - Dessins et écritures faits par les troupes d'occupation de François
1er vers 1535
9èmement - Sur le badigeon recouvrant les dessins cités ci-dessus apparaissent
quelques mots gravés : Serralier Courbet tous ponctués d'un troublant "adieu
Montverdun" (1561 à 1690).  Le monsastère s'éteint en 1700 et l'énumération
des couches suivantes ne présente plus qu'un intérêt secondaire.

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D'anciennes tables d'autel à rebords et plusieurs pierres tombales sont encastrées dans
le sol du transept.  L'une d'entre elles portant l'effigie et l'épitaphe de Renaud de Bourbon,
archevêque de Narbonne, prieur de Montverdun, mort en 1482.


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Une autre salle (photo non disponible) reconstruite en 1740, incendiée en 1870, réaménagée en
1885, puis démantelée en 1925, ce bâtiment fut restauré ces dernières années par des
chantiers bénévoles.

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LE CIMETIERE
Au nombre des tours de défense, il faut mentionner le clocher aux dimensions démesurées
qui pourraient avoir porté des hourds (constructions en bois disposées en surplomb à son
sommet).  Un dessin, exécuté vers 1450, par Guillaume de Revel semble l'indiquer.


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On peut y voir aussi le deuxième rempart qui a complètement disparu.

 

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En pénétrant dans le cimetière inutilisé depuis 1925 et qui conserve ses croix de fonte, outre
le charme du lieu, c'est ici qu'apparaissent le mieux ce que furent les défenses du monastère :
hautes murailles percées de meurtrières, petites tours dont l'une est encore couronnée de ses
créneaux.

L'EGLISE
Si un certain nombre d'informations concernant le monastère sont issues de documents
d'archives, l'examen des murs apporte des éléments indispensables à la compréhension
des phases de sa construction. 

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Ainsi, le transept présente des rangées de pierres soigneusement calibrées, assemblées
par de minces joints de mortier.

 

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Le mur de la nef reprend le même dispositif dans sa partie basse, tandis que son mode
de construction change complètement à la moitié de sa hauteur : pierres plus grosses,
non calibrées s'alignant irrégulièrement, traduisant une autre phase de construction.

 

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L'examen des trous d'échafaudages (qui se faisaient au fur et à mesure de la construction
pour y placer des boulins), confirme l'observation précédente : dimensions et répartition
différentes d'une phase à l'autre.  On pourra ainsi faire le même type d'examen sur les
absides qui furent surélevées pendant la "guerre de Cent Ans" afin de fortifier l'église.

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L'église de Montverdun comprend : une nef et un seul bas-côté au sud, l'un et l'autre
de trois travées voûtées en ogive.  La nef actuelle remplace dans ses mêmes dimensions
deux nefs romanes successives.  Le bas-côté, consrtuit au 15ème siècle, révèle des états
antérieurs qui, pour l'instant, restent inexpliqués (chapelles latérales ou cloître ?)
Aux clefs de voûte sont sculptées les armes des Langeac, des Clermont-Chaste et des
Saint-Nectaire, prieur de Montverdun en 1540.
Les fenêtres sont à meneaux et remplages flamboyants.  Il est à remarquer qu'aucun
contrefort ne maintient les voûtes à l'extérieur.
Avec un peu d'attention vous pourrez voir entre la chaire et la porte du clocher un
motif répétitif représentant des fleurs (tulipes) sortant d'un calice.  Ce motif, appelé
litre mortuaire était peint à l'occasion d'obsèques importantes. 

 

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Un transept voûté en berceau avec coupole centrale sous clocher et trois asides en
cul-de-four que récèdent autant de travées de choeur, communiquant entre elles
par des arcades basses.  L'ensemble est attribué à la fin du 12ème siècle.
Les trompes soutenant la coupole de la croisée du transept sont établies sur une dalle
disposée en diagonale.
Dans le choeur, sous un triangle mystique du 18ème siècle apparaissent les armes
de Camille de Neuville (abbé d'Ainay).

 

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L'intérieur de l'aside principale est accompagné de deux grandes colonnes à fût conique.
Des colonnettes, plus petites, entourent les trois fenêtres en plein cintre qui l'éclairent.

Dans le bas-côté se trouve l'autel de la Vierge en bois doré, du 18ème siècle.
Des recherches récentes ont mis en évidence quelques peintures murales.  Un décor de
fleurs (voûte centrale du bas-côté) du 17ème siècle daté précisément par un cartouche
dégagé au-dessus de la porte du cimetière.

Des dessins sont également visibles sur les murs du bas-côté : tête d'homme de profil,
dauphin du Forez.

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Le bénitier, cuve quadrangulaire posée sur pied, comporte, sur sa face nord
deux croix

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Sur sa face ouest, une inscription en français qui fait dater cette cuve du
15ème siècle.

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Sur sa face sud, les gravures du soleil et de la lune.

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Et sur sa face est, le début du crédo.

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Au fond de l'aside principale, une table d'autel à rebords recouvre le tombeau-reliquaire
de Saint-Porcaire dont les reliques furent ransférées dans une chasse en argent offerte
par l'Archevêque de Lyon Camille de Neuville au 17ème siècle.


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Vierge en bois du XVIIème siècle

 

LES CHEMINS DE L'ASTREE

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Fin du voyage